Arbres et arbustes des jardins et des parcs du secteur de la gare de Bois-le-Roi (résumé)

Les nombreux arbres et arbustes de ce quartier (plusieurs centaines) en boisements et sous la forme de haies établissent un lien biogéographique entre la lisière nord de la forêt domaniale de Fontainebleau (chemins de Chailly et de Fay) et les boisements riverains de la Seine. Cette relation entre tous ces milieux arborés semi-naturels joue un rôle non négligeable entre ce qui concerne la petite faune (écureuils, hérissons, loutres, avifaune….) ainsi que d’un point de vue floristique et pédologique ( la science des sols), tout aussi bien que d’un point de vue esthétique par les aspects pris par ces ensembles arborés (une quarantaine d’essences et plus d’une cinquantaine d’arbustes, arbrisseaux sous-arbrisseaux)

A propos de l’esthétique des sujets boisés, rappelons qu’en Grande Bretagne, la Forestry Commission tient le plus grand compte de ces aspects paysagers depuis 1972 (C.Jacquiot, ANVLMF, 1974).

Une quarantaine d’essences et de plus d’une cinquantaine d’arbustes, arbrisseaux et sous-arbrisseaux constituent dans ce secteur un paysage singulier :

Résineux (conifères) :
- autochtones : pins sylvestres, ifs.
- méridionaux : pins maritimes, pins parasols, pins de Corse.
- résineux de montagne : épicéas, sapins.
- résineux nord-américains : thuyas, chamaecyparis, séquoiadendrons…
- résineux est-méditerranéens et de l’Afrique du Nord : cyprès de Grèce, cèdres du Proche-Orient, cèdres de l’Afrique du Nord.

Feuillus  :
- Feuillus autochtones : noisetiers, bouleaux, saules, charmes, tilleuls, érables, houx, chênes sessiles, chênes pédonculés, chênes blancs, hêtres.
- Feuillus méridionaux introduits : tamaris, châtaigniers, chênes verts.
- Feuillus est-méditerranéens : arbres fruitiers, platanes, marronniers de Grèce, lilas , viornes…
- Feuillus nord-américains introduits : magnolias (deux espèces).

Végétaux lianescents  :
- autochtones : lierres, clématites, chèvre- feuilles.
- introduits : glycine.

En résumé, le grand nombre d’arbres dans le périmètre de la gare de Bois le Roi, ainsi que d’arbustes et arbrisseaux, notamment sous forme de haies, doit être conservé ; ils assurent une certaine pérennité des caractéristiques des sols favorables à d’éventuelles plantations sur la surface de l’emprise de leur système racinaire (la longueur du système d’un chêne centenaire se compte en milliers de kilomètres). La conservation de ces végétaux arborescents s’impose donc non seulement en ce qui concerne les données écologiques, mais aussi du point de vue de l’esthétique de ce quartier dont l’originalité est tout à fait singulière, notamment par les nombreuses espèces introduites.

Auteur :
Jean Claude Koeniguer
Maître de conférences honoraire des universités
Paris VI et Paris I Panthéon Sorbonne
Agrégé des Sciences de la Terre
Lauréat de l’Institut
Habitant de Bois-le-Roi

Ci-dessous un extrait de la lettre de l’association Touche pas à mon P’tit Bois, à la CAPF, octobre 2020

Or, nous ne pouvons que constater que la situation se dégrade rapidement dans notre commune. Les espaces arborés encore semi-naturels par leur faune et leur flore dispersés dans le centre de la commune et dans ses abords, sont menacés de disparition sous la pression immobilière et nous assistons à une dangereuse régression de notre biodiversité locale. Pourtant, Bois le roi a une situation écologique particulière entre les milieux de la vallée de la Seine et ceux de la forêt de Fontainebleau (voir carte IGN au l/25000e), au milieu de réservoirs de biodiversité et constitue un chaînon essentiel pour la continuité naturelle.
Nous notons aussi que cette évolution est encore accélérée par le changement climatique qui, non seulement fragilise la strate arborée ainsi que les milieux humides nombreux à Bois le roi mais aussi les constructions déjà existantes. D’ailleurs, Bois le roi fait partie des 16% des communes françaises soumises à un niveau d’exposition fort aux risques climatiques (Source : CGET).

Voici un outil juridique, permettant aux propriétaires fonciers de faire naître sur leur terrain des obligations durables de protection de l’environnement  : l’obligation réelle environnementale (ORE).

Photos du quartier de la gare (rue Pasteur) :